Tuteur :  celui qui protège ?

Tuteur embarqué !

Le tuteurage, utilisé pour permettre aux arbres de s’enraciner, est régulièrement réalisé de manière contre-productive. Il favorise au contraire l’entrainement de l’arbre en dehors de sa verticalité, peut entailler l’écorce, les vaisseaux et l’empêche totalement de bouger, ne permettant plus à l’arbre de repérer les stimuli du vent.

Comment améliorer nos pratiques ?

En revenant à l’objectif principal du tuteurage : permettre au système racinaire d’installer sa structure en limitant les mouvements DANS LE SOL. Il est par contre nécessaire de laisser la partie aérienne sentir les stimuli du vent pour s’adapter à cet environnement.

Cette utilité dépendra des contraintes du sol, des vents, de l’âge et du conditionnement de l’arbre :

>> Un plant forestier ou un scion de 15 à 40 cm de hauteur, en sol équilibré et sur un site peu venté : pas d’utilité

>> Un arbre formé en pépinière sur tige, transplanté quand il mesure déjà plus de 1 mètre : utile

>> Un baliveau installé en sol argileux : pas forcément !

>> Du suivi ! Les tuteurs sont provisoires, entre 1 et 3 ans au maximum (si l’arbre n’est pas stable à ce moment, c’est qu’il existe un problème). Pendant cette période, il est indispensable de vérifier qu’il ne provoque pas de blessure, qu’il n’a pas perdu sa stabilité, s’il y a besoin de le desserrer). 

 Comment tuteurer ?

– Le faire au moment de la plantation pour ne pas enfoncer le ou les tuteurs dans les racines (si le système racinaire n’est pas visible par exemple arbres en motte, préférez planter un tuteur oblique hors du système racinaire).

– Enfoncer suffisamment les tuteurs, 1/3 de leur hauteur au risque sinon de voir l’arbre embarqué par le tuteur censé le protéger.

– Positionner la fixation arbre/tuteur dans la partie basse du tronc pour laisser l’arbre bouger légèrement et ne pas serrer au tronc (lien souple). Si besoin, protéger la liaison par de la toile de jute, du caoutchouc pour éviter les nécroses d’écorce.

– Les tuteurages avec 2 piquets et une planche de liaison sont à proscrire. Si un tuteurage important est utile (ville, fonction de protection), préférez l’installation quadripode.

– Suivre les tuteurs dans le temps, penser à les enlever et protéger les plants de l’appétit des animaux (grillage à maille fine et piquets, à hauteur d’animaux concernés au minimum ou gaines protectrices).

EN SYNTHÈSE

>> Préférer le tuteurage quadripode dès que c’est possible

>> Suivre les liens (laisser l’arbre bouger au vent, tuteurer le plus bas possible, desserrer et retirer les tuteurs).

>> Planter des petits sujets et les protéger ! (graine, scions, baliveaux)

Pendant les travaux aussi !

Ce nouveau guide est édité afin d’aider les gestionnaires et entreprises de travaux à protéger les arbres existant lors d’aménagements, à user sans modération !

>> Guide de protection des arbres du CAUE 75

Les arbres, arbustes et autres plantes vivaces sont de plus en plus perçus comme partie intégrante de notre bien être.

>> Conserver les arbres matures et favoriser l’installation de nouveaux sujets est une priorité.

>> Le faire dans une perspective de long terme est une nécessité.

Le petit musée des erreurs ici nous rappelle l’attention à apporter à ces espaces vivants.

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